Herve – Les citoyens réduits au silence face au Schéma de Développement Communal?
Nous avons reçu de nos ami·e·s de « Herve vers/t l’Avenir » ce communiqué de presse que nous publions avec plaisir ci-dessous.
Au-delà des questions liées à la situation locale de Herve, il reflète bien les grandes difficultés qu’éprouvent de nombreux collectifs et habitant·e·s à se faire entendre pendant la phase de préparation du SDC, alors que cet outil est destiné à permettre aux communes de fixer leurs grandes orientations pour les vingt prochaines années.
Citoyen·ne·s non admis quand les choses sérieuses se discutent dans le calme feutré des réunions des bureaux d’étude des Collèges communaux ?
Depuis plusieurs années, la Ville de Herve a entrepris de rédiger son Schéma de Développement Communal (SDC). La commune s’aligne ainsi sur les objectifs du Schéma de Développement du Territoire (SDT) adopté par le Gouvernement wallon. De quoi s’agit-il ?
Le but de ces outils est d’aménager au mieux le territoire de la Région ou de la commune afin d’assurer la prospérité et le bien-être de ses habitants ainsi que la qualité de son environnement. Au niveau communal, le SDC trace les grandes lignes de l’aménagement futur du territoire en maîtrisant notamment l’artificialisation des sols.
Il ne s’agit pas d’un document abstrait ou réservé aux spécialistes. Le SDC dessinera concrètement l’avenir de Herve dans des domaines très variés: dans 20 ou 30 ans, à quoi ressemblera Herve? Où construira-t-on? quelle place laissera-t-on encore aux terres agricoles, aux paysages, aux villages et à leur qualité de vie ? Comment les habitants se déplaceront-ils? Les équipements publics suivront-ils l’évolution des besoins? Ce sont des questions très concrètes qui impacteront directement la vie quotidienne des Herviennes et des Herviens.
On le voit: le bien-être des citoyens est censé être au cœur de ce travail. C’est pourquoi le collectif citoyen Herve vers/t l’avenir (HVA) considère que l’élaboration du SDC ne peut se faire sans concertation avec les habitants.
Constitué de plusieurs associations locales actives sur les questions liées à l’environnement et au cadre de vie — Attaque la ZACC, Sauvons Grand-Rechain, Village de José, Bolendemain, Natagora-Pays de Herve, Les Amis de la Terre-Pays de Herve, l’ASREPH (Association pour la sauvegarde et le respect de l’environnement du Pays de Herve) et Occupons le terrain — HVA se sent particulièrement concerné. Les associations représentées regroupent, ensemble, des centaines de citoyens impliqués, des années d’expertise locale, une connaissance fine du territoire et des enjeux du Pays de Herve.
Le collectif a donc demandé au Collège communal de créer un espace où des citoyens seraient associés à la réflexion avant que le document ne soit finalisé. Le Collège communal a jusqu’à présent refusé toute forme de collaboration et d’information. Les lettres envoyées en ce sens sont restées sans réponse ou n’ont reçu qu’un refus formel. Et bien que l’avant-projet du Schéma de Développement Communal ait été voté en Conseil communal, le Collège s’oppose toujours à y donner largement accès en le publiant sur le site Internet de la Ville.
Le Collège se limite ainsi au minimum légal: il organisera une réunion d’information lorsqu’il le jugera utile et une enquête publique clôturera le processus, avec la possibilité pour les citoyens d’émettre leurs remarques. Mais un document aussi important pour l’avenir des Herviennes et des Herviens et de leurs enfants mérite mieux qu’une information tardive et une consultation minimale. Il devrait pouvoir être discuté avec les citoyens pendant qu’il est encore temps d’en orienter les choix. Une participation citoyenne réelle suppose que les habitants puissent être associés en amont, au moment où les grandes orientations peuvent encore être influencées.
À l’image de ce qui se pratique dans d’autres communes (p. ex. à Nivelles, Wavre, Namur, …), le SDC offre pourtant une belle occasion de concrétiser la volonté exprimée par la majorité au pouvoir dans la Déclaration de politique générale 2024-2029: « Nous sommes déterminés », s’engageaient alors bourgmestre et échevins, « à placer le citoyen au cœur de la vie communale, en adoptant une approche participative et inclusive, en informant et en engageant la population dans les projets qui influent sur leur quotidien. Nous croyons qu’une ville prospère est celle où chacun se sent impliqué. ».
Nous osons croire que ce n’était pas que des mots. La démocratie locale ne se résume pas à glisser un bulletin dans une urne tous les six ans.

