Ans (Liège) – KO final pour le projet Ans Park

Ans (Liège) – KO final pour le projet Ans Park

Le projet Ans Park était censé être la cerise sur le gâteau du développement de la ville d’Ans : trois gros immeubles de bureaux, de commerces et de restauration entourés de 1400 places de parking et de quelques pelouses, le tout à proximité d’un nœud autoroutier. Le rêve absolu… pour tout qui pense qu’on n’a jamais fait rien de mieux que les centres commerciaux des banlieues américaines des années ’60.

Pour les autres, Ans Park, c’était un projet commercial sans réflexion d’ensemble, prévu à proximité de deux centres commerciaux récemment fermés (Makro et Cora), situé dans un lieu très peu desservi par les transports en commun et donc centré sur le « tout à l’automobile » tant pour les employés des bureaux que pour les clients des commerces et qui, en plus, allait détruire des terrains agricoles.

Ans Park s’est donc heurté à une forte opposition de la part d’habitants d’Ans (aidés par notre réseau Occupons le Terrain) mais aussi de la Ville de Liège voisine du projet. Leurs arguments ont été entendus et retenus par le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne qui a refusé le permis en décembre 2025. Le promoteur et la ville d’Ans ont alors déposé un recours contre ce refus auprès de la Région wallonne.

Pas de chance pour eux, le Ministre wallon du Territoire, François Desquesnes, vient de confirmer le refus de permis.

Nous ne résistons pas au plaisir de reproduire l’ensemble du communiqué qui explique cette décision:

Le Ministre confirme avoir rejeté le recours relatif au projet « Ans Park » rebaptisé « Ans Well » et avoir, ce vendredi 3 avril 2026, refusé la demande de permis d’urbanisme introduite par la S.A. BTS pour la transformation et l’extension d’un ensemble commercial sur le territoire de la commune d’Ans.

Le Ministre a suivi la proposition de refus de son administration, confirmant ainsi la décision du Fonctionnaire délégué.

Cette décision repose notamment sur les éléments suivants:

  • Malgré un concept annoncé autour du sport et du bien-être, le projet intégrait une offre commerciale très large, sans lien réel avec cette thématique, s’apparentant à un retail park périphérique classique (et la zone est déjà bien fournie);
  • Le projet, bien qu’il permette la reconversion d’une friche, ne rencontrait pas les objectifs du Schéma de développement du territoire (SDT), en contribuant à l’artificialisation de nouvelles terres, à l’étalement urbain et à un déséquilibre commercial au détriment des centralités urbaines;
  • L’analyse a mis en évidence une forte dépendance à la voiture, des impacts négatifs sur la mobilité et une prise en compte insuffisante des modes de déplacement actifs (piétons et cyclistes);
  • Enfin, la zone de secours a rendu un avis défavorable.

Que voilà un permis d’inhumer bien troussé pour un projet d’un autre temps!