Donceel – Agrandissement d’un poulailler industriel = accroissement des nuisances en tout genre!

Donceel – Agrandissement d’un poulailler industriel = accroissement des nuisances en tout genre!

Vous arrivez malheureusement trop tard: l’enquête publique s’est achevée le jeudi 13 novembre 2025.

Nous laissons néanmoins la lettre-type visible, afin qu’elle puisse inspirer d’autres collectifs qui seraient confrontés au même type de projet.

Au cœur de la Hesbaye, Donceel est une petite commune rurale posée au milieu de grandes étendues agricoles, et on peut notamment y découvrir de superbes fermes en carré typiques de la région.

A la sortie du village, se trouve un élevage industriel de 40.000 poulets d’une superficie de 2.000 m². L’éleveur avait déjà introduit fin 2024 une demande de permis pour multiplier par trois la superficie de son élevage, le portant ainsi à une capacité de plus de 135.000 poulets.

En mars 2025 Gaïa annonçait sur son site que l’éleveur venait d’abandonner son projet. Avant l’annonce du retrait du projet par ce dernier, le Fonctionnaire délégué avait déjà remis un avis défavorable, suggérant un refus au Collège communal. Le Collège communal n’a finalement pas eu à statuer sur le dossier, celui-ci étant clos.

Aujourd’hui, le même projet revient au devant de l’actualité et l’éleveur a introduit une nouvelle demande de permis auprès de l’Administration communale. Il est clair que l’avis des riverains et des habitants de Donceel qui s’étaient déjà exprimés à l’époque n’a pas changé, et que ce projet, il n’en veulent toujours pas!

Des riverains inquiets nous ont contacté pour s’opposer au projet et nous ont transmis une lettre-type de réponse à l’enquête publique.


Voici la lettre de réclamation qui a été utilisée dans le cadre de l’enquête publique, notamment par le formulaire de signature et d’envoi qui se trouvait au bas du présent article :

À l’attention du Collège communal de Donceel
Rue Caquin, 4
4357 Donceel

 

Référence du dossier : PUn 25/01

Objet : Réclamation contre le projet d’extension de l’élevage industriel de poulets à Donceel

 

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous fais part de ma FERME OPPOSITION au projet d’élevage industriel prévu à Donceel pour 136 148 poulets, exploité par Bureau Yves Fastré. Après une analyse approfondie du dossier d’étude d’incidences, je soulève les points suivants, qui mettent en doute la conformité et la pertinence de ce projet au regard des réglementations en vigueur et des impacts constatés :

  1. Consommation d’eau incomplète

Le dossier ne prend pas en compte la consommation réelle d’eau, notamment celle nécessaire au nettoyage intensif des installations, au chauffage et à la ventilation. Or, selon le Code wallon de l’eau, une évaluation exhaustive est obligatoire pour assurer la protection des nappes phréatiques. Cette omission sous-estime les volumes prélevés et augmente le risque de pollution (Arrêt du Conseil d’État 107.820 du 13 juin 2002).

  1. Incompatibilité du charroi industriel avec les voiries agricoles

Le trafic estimé à plus de 1.000 convois lourds par an doit emprunter un chemin de remembrement non dimensionné pour supporter une telle charge. L’arrêté royal de 1968 et le Code wallon de l’aménagement du territoire interdisent le passage de poids lourds sur des voies inadaptées. Aucune étude technique et financière sérieuse d’aménagement ou d’entretien préventif des voiries n’a été présentée (Arrêt du Conseil d’État 236.621 du 30 novembre 2016). De plus, ce chemin est un chemin uniquement destiné à l’usage agricole et interdit aux autres véhicules. L’Administration Communale ne s’engageant pas à placer la signalisation manquante.

  1. Circulation passant par des zones habitées

Contrairement aux affirmations du dossier, le village est déjà aujourd’hui traversé par des poids lourds, causant nuisances sonores, dégradations et risques pour les riverains, en contradiction avec le CoDT qui impose des mesures de protection pour les zones d’habitat. Tripler la taille de l’exploitation reviendra à tripler le trafic de camions dans le village.

  1. Insuffisances dans l’étude environnementale

Le dossier ne présente pas d’évaluation complète des pollutions liées aux effluents, émissions d’ammoniac, poussières et odeurs. Ces pollutions ont des impacts graves sur la santé publique et l’environnement, comme souligné par le Code de l’environnement wallon.

  1. Risque sanitaire et problème majeur de santé publique

Notamment via la propagation de maladies (grippe aviaire, parasites divers tels que poux, tiques, …) dont les conséquences toucheront les petits élevages familiaux voisins. En outre, l’usage massif d’antibiotiques pour l’exploitation induira de la résistance aux bactéries pathogènes.

Atteinte à la santé des riverains qui seront exposés aux rejets de gaz, vapeur d’eau, poussières, aérosols, et autres résidus.

 6. Le terrain concerné par ce projet est clairement identifié en zone agricole sur le plan de secteur communal, un classement destiné à préserver la vocation agricole et protéger les sols contre toute construction ou activité non agricole incompatible (CODT art D.VI.10, D.VI.50 et D.VI.58). Le projet présenté affectera indubitablement les sols, la nappe phréatique et le chemin de remembrement.

  1. Souffrance animale

Les atteintes au bien-être animal de ce type d’exploitation sont connues et reconnues par tous : la surpopulation induit notamment des pathologies diverses, les conditions de transports sont déplorables, la mise à mort dans des bassins d’eau électrifiée est particulièrement douloureuse, …

Je tiens à exprimer mon profond désaccord avec l’absence de prise en compte sérieuse du bien-être animal dans ce projet d’élevage industriel. Le demandeur semble compter sur un contrôle insuffisant après mise en place, exposant ainsi les poulets à des souffrances certaines. Nous sommes à la limite supérieures de la densité légalement autorisée, fixée à 22 poulets par mètre carré, conformément à la Directive européenne 2007/43/CE et au Code wallon du bien-être animal. Cette densité représente un seuil maximal souvent dépassé en pratique, ce qui aggrave les conditions de vie déjà précaires des animaux. Le Code wallon reconnaît les animaux comme des êtres sensibles et impose des obligations strictes en matière d’espace et de soins, et cette norme constitue déjà un cas de maltraitance passible de sanctions.

  1. Pollution due à l’exploitation

Un kg de poulet de cette très basse qualité est à la source d’une émission de gaz à effet de serre de 7kg de CO2 par animal (136.000 * 6.5 rotations annuelles * 7 kg * 1,5 kg de viande = 9.280 tonnes de CO2 !!!).

L’achat et l’abattage des poussins loin de l’élevage ne feront qu’augmenter cette empreinte carbone.

Remarques personnelles :

– 

Par conséquent, je vous demande expressément de refuser ce permis, jusqu’à ce que ces graves lacunes soient corrigées et que le dossier d’impact soit conforme aux exigences légales et environnementales tant pour un éventuel nouveau projet que pour les hangars existants.

Les riverains veulent des paysans respectueux du bien-être des animaux, pas des industriels de l’agro-alimentaire attirés par le profit.

Je souhaite être tenu au courant du suivi du présent dossier.

NOM : ……………………………………………………

PRENOM : ………………………………………………

ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………

CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………

ADRESSE EMAIL : ……………………………………………………………………………………….

DATE : Le …  ……… 2025

SIGNATURE :