Binche – Appel à dons contre le projet des Ateliers des Remparts
Projet des Pastures à Binche : pourquoi des riverains saisissent à nouveau le Conseil d’État…
Un permis a récemment été accordé pour la construction d’un vaste complexe immobilier sur le site des Pastures, à Binche. Le projet prévoit 166 logements, plus de 5.500 m² de surfaces commerciales et 424 places de parking, au cœur d’un quartier résidentiel actuellement composé presque exclusivement de maisons unifamiliales.
Plusieurs habitants ont introduit une requête en annulation auprès du Conseil d’État, estimant que ce projet est disproportionné et insuffisamment sécurisé sur plusieurs aspects essentiels: les risques d’inondation, la mobilité et l’intégration urbanistique.
1. Un risque d’inondation largement sous-estimé
Le site du projet se trouve en zone inondable:
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- Présence d’un axe de ruissellement concentré;
- Proximité immédiate de la Samme;
- Antécédents d’inondations importantes dans le quartier (2016 et années suivantes).
Les documents du dossier (photos, rapports, avis spécialisés) montrent que des caves et habitations proches ont déjà été touchées, parfois gravement. La zone Sainte-Anne, située juste en contrebas du projet, a connu plus de 2,50 m d’eau lors d’épisodes récents!
L’administration spécialisée (GISER) a demandé:
✔ D’interroger le gestionnaire du cours d’eau (Province du Hainaut),
✔ De compléter les analyses hydrauliques,
✔De vérifier la capacité de l’égouttage à absorber les eaux pluviales et usées supplémentaires.
Aucune de ces vérifications n’a été réalisée!
Les riverains estiment donc que le permis a été octroyé sans les garanties minimales exigées en zone inondable, ce qui pourrait aggraver les risques pour tout le quartier.
2. Une explosion du trafic dans des rues déjà saturées
Selon l’étude de mobilité:
- Le trafic pourrait augmenter jusqu’à +174% le samedi;
- Le carrefour Rue de Ressaix – N90 est déjà saturé,
- Aucune solution concrète (feux, sens unique, réaménagements) n’a été retenue.
Une étude complémentaire réalisée en 2023 confirme: même après réduction du programme immobilier, le carrefour N90/Ressaix restera déficitaire en capacité et sujet à la congestion.
Aucune mesure n’est proposée pour protéger les riverains de cette hausse du trafic, ni pour garantir la sécurité des piétons, cyclistes et usagers faibles.
3. Un gabarit disproportionné par rapport au quartier
Les immeubles prévus atteignent jusqu’à 6 étages, alors que:
- L’immense majorité du voisinage est en R+1 ou R+2,
- Seuls 2 ou 3 immeubles dépassent R+3 dans l’ensemble de l’îlot.
Depuis les jardins des riverains, le projet formera un mur bâti de plus de 100 mètres, composé de deux longues barres d’immeubles et de deux tours proches des 30 mètres de hauteur.
Cette rupture totale d’échelle modifiera profondément :
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- la luminosité;
- les vues;
- l’ensoleillement;
- et la qualité du cadre de vie des habitants.
4. Une procédure contestée sur la forme
Les requérants soulignent plusieurs manquements:
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- Motivations insuffisantes ou contradictoires;
- Absence d’avis obligatoires;
- Prise en compte partielle des remarques citoyennes pourtant fondées et documentées.
Le Conseil d’État a déjà suspendu un premier permis en 2023 pour des raisons similaires.
Ce que demandent les riverains
Les habitants ne s’opposent ni au développement, ni à la densification maîtrisée du centre-ville.
Ils demandent:
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- L’annulation du permis accordé,
- Un projet revu en profondeur, incluant :
- Une analyse sérieuse des risques d’inondation;
- Des solutions crédibles pour la mobilité;
- Un gabarit adapté au quartier et respectueux de son échelle humaine.
Il s’agit pour eux d’obtenir un projet sûr, durable et réellement intégré à Binche, au bénéfice de l’ensemble des citoyens et non au détriment d’un seul quartier.
Pourquoi ils ont besoin de soutien aujourd’hui
La procédure devant le Conseil d’État représente un coût important pour ces citoyens qui agissent bénévolement, par conviction et par souci du bien commun. Leur appel à dons vise à financer:
- Les frais juridiques;
- Les analyses techniques nécessaires;
- La représentation devant le Conseil d’État.
Occupons le Terrain les soutient totalement dans leur démarche et invite toutes celles et ceux qui sont convaincus du bien-fondé du recours à aider les riverains à assumer les frais que celui-ci engendre inévitablement.


