Visé – Le projet de pseudo-centrale biomasse à Lixhe définitivement abandonné!

Visé – Le projet de pseudo-centrale biomasse à Lixhe définitivement abandonné!

Nous avons reçu ce communiqué de presse de l’asbl Bien vivre en vallée du Geer annonçant la décision du Conseil d’Etat d’annuler le permis accordé par la ville de Visé à la création d’une « pseudo-centrale » à biomasse à Lixhe.

Nous nous faisons un plaisir de le publier et de féliciter cette asbl pour cette nouvelle victoire, puisque nous avions déjà eu l’occasion de rendre compte de leur longue lutte couronnée par une victoire éclatante contre la carrière Marnebel à Bassenge, condamnée à la fermeture après 25 ans d’exploitation illégale.

Suite à la décision du Conseil d’État du 13 janvier, le permis de Bee Green Wallonia accordé par le Collège communal visétois a été annulé.

Il s’agit d’une décision historique : c’est le tout premier arrêt concernant l’azote en Wallonie, un précédent important pour la protection de la nature unique de notre région.

La « centrale à biomasse » prévue sur le site de la cimenterie CBR à Lixhe, en Belgique, près de la frontière néerlandaise à Eijsden, devait produire de l’énergie en brûlant 85.000 tonnes/an de déchets de bois traités (y compris du stratifié) provenant de Recyparcs en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas. Bien qu’ayant un rendement éloigné des meilleures technologies disponibles, l’installation aurait permis de fournir de l’énergie subsidiée – donc à moindre coût – à la cimenterie de CBR Lixhe (Visé).

Le projet a suscité une forte opposition locale de la part d’organisations environnementales et citoyennes des deux côtés de la frontière, en raison des préoccupations liées à la qualité de l’air et à l’impact sur l’environnement. Les organisations craignaient que les émissions de polluants tels que les oxydes d’azote, les particules fines (PM 2,5) et les métaux lourds – s’ajoutant à la pollution existante déjà élevée dans la vallée de la Meuse – entraînent des risques pour la santé des habitants. Elles se focalisaient aussi sur les retombées d’azote supplémentaires sur les zones naturelles en Wallonie comme en Flandre et aux Pays-Bas car celles-ci sont déjà excessives aujourd’hui.

Dix organisations environnementales ont convenu de former le consortium « STOP BEE GREEN WALLONIA » dans le but d’unir leurs forces pour s’opposer à l’implantation de l’incinérateur à Lixhe. Le consortium était composé de :

  • Visons Demain – Ecolo Visé (Wallonie)
  • ASBL Bien vivre en Vallée du Geer (Wallonie)
  • Défendons nos villages (Wallonie)
  • ASBL Dryade (Bruxelles)
  • Milieudefensie Maastricht (Pays-Bas)
  • Milieu front Eijsden (Pays-Bas)
  • Limburgse Milieukoepel (Hasselt, Flandre)
  • Natuurmonumenten (Pays-Bas)
  • Natuur en Milieufederatie Limburg (Pays-Bas)
  • 55 professeurs inquiets de l’Université de Maastricht (Pays-Bas)

En janvier 2026, le Conseil d’État suit donc la position des requérants. Le Conseil considère que l’évaluation jointe à la demande de permis n’est « ni précise, ni complète, ni scientifiquement fiable, ni actualisée, et qui, partant, ne permet pas d’acquérir la certitude que l’activité […] est dépourvue d’effets préjudiciables pour l’intégrité des sites Natura 2000 concernés. […]. Par ailleurs, […] l’autorité compétente ne peut marquer son accord sur le projet qu’après s’être assurée qu’il ne porte pas atteinte à l’intégrité du site. […] En cas de doute, l’autorité doit faire une application stricte du principe de précaution.« .

Le financement de la procédure d’appel a été rendu possible grâce aux contributions des organisations et à une campagne de crowdfunding très réussie. Nous remercions sincèrement tous les donateurs ! Aujourd’hui, le consortium continue à s’engager pour la santé et l’environnement dans la région frontalière.

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