Braine-le-Comte – Non à l’implantation d’un Burger King à l’Avenue Alix de Namur

Braine-le-Comte – Non à l’implantation d’un Burger King à l’Avenue Alix de Namur

Vous arrivez malheureusement trop tard: l’enquête publique s’est achevée le jeudi 16 avril 2026.

Nous laissons néanmoins la lettre-type visible, afin qu’elle puisse inspirer d’autres collectifs qui seraient confrontés au même type de projet.

A Braine-le-Comte, un projet de fast-food à l’Avenue Alix de Namur soulève de nombreuses inquiétudes quant à sa cohérence avec les objectifs de développement durable. Un collectif de Citoyen·ne·s, « La goutte 2 trop », s’est rapidement constitué afin de s’opposer à ce projet inadapté et nuisible.

Le collectif relève plusieurs menaces induites par le projet et une incohérence dans les éléments du dossier: l’artificialisation d’une prairie contribuant ainsi à la réduction des espaces naturels et agricoles, le manque d’engagements clairs sur la qualité des produits et leur provenance locale, la production importante de déchets, un accroissement net de la mobilité autour du site, un risque pour les commerces locaux et l’absence d’évaluation globale du bilan carbone.

Ce projet soulève donc de nombreuses interrogations quant à sa pertinence au regard des enjeux environnementaux, économiques, sanitaires et d’aménagement du territoire. Il ne correspond pas au modèle de société et de territoire que nous souhaitons encourager!


Voici la lettre de réclamation qui a été utilisée dans le cadre de l’enquête publique, notamment par le formulaire de signature et d’envoi qui se trouvait au bas du présent article:

A l’attention du Collège communal de Braine-le-Comte

Hôtel de Ville – Service Urbanisme

Grand Place 39

7090 Braine-le-Comte

 

Objet: Réclamation dans le cadre de l’enquête publique PU/2025/132 – Projet d’implantation d’un restaurant Burger King à Braine-le-Comte

 

Monsieur le Bourgmestre,

Mesdames et Messieurs membres du Collège communal,

Dans le cadre de l’enquête publique relative au projet d’implantation d’un restaurant de type fast-food exploité sous l’enseigne Burger King à Braine-le-Comte, je souhaite introduire une réclamation motivée. 

Ce projet soulève en effet de nombreuses interrogations quant à sa pertinence au regard des enjeux environnementaux, économiques, sanitaires et d’aménagement du territoire. En matière d’alimentation, les engagements évoqués dans le dossier apparaissent limités et insuffisamment contraignants. Aucune garantie claire n’est apportée quant à l’origine locale des produits, à l’utilisation d’ingrédients issus de l’agriculture biologique ou encore à la réduction des apports en sel, en sucres et en produits ultra-transformés.

Dans un contexte où les pouvoirs publics encouragent une alimentation plus saine, locale et durable, il est légitime de s’interroger sur la cohérence de ce type d’implantation. La question de l’empreinte carbone liée à l’importation éventuelle de matières premières, ainsi que celle de la qualité nutritionnelle réelle des produits proposés, reste entière.

Concernant la gestion des déchets, le projet repose largement sur l’utilisation d’emballages à usage unique. Même en limitant le plastique, la production importante de déchets en papier, carton et PMC est inévitable. Ce modèle de consommation génère des coûts environnementaux et économiques significatifs, notamment en matière de collecte, de tri et de recyclage, souvent supportés indirectement par la collectivité. 

Dans ce contexte, il serait pertinent que la commune impose, pour ce type de projet, l’usage de vaisselle réutilisable pour toute consommation sur place, afin de limiter significativement la production de déchets. Sur le plan de la mobilité et de la zone de chalandise, le projet dépasse manifestement le cadre d’un commerce de proximité. La capacité d’accueil importante (environ 110 places) ainsi que la clientèle visée, incluant des communes voisines accessibles en voiture en 10 à 15 minutes, impliquent une augmentation du trafic automobile.

Cette orientation est difficilement compatible avec les objectifs actuels de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de promotion des mobilités douces. Un projet réellement local s’intégrerait davantage dans le tissu urbain existant et serait accessible prioritairement à pied ou à vélo.

Par ailleurs, le projet prévoit l’artificialisation d’une prairie, contribuant ainsi à la réduction des espaces naturels et agricoles. Or, comme le soulignent de nombreuses analyses, notamment celles de l’organisation Canopea, la poursuite de l’artificialisation des sols en Wallonie constitue un enjeu critique, tant pour la biodiversité que pour la résilience face aux changements climatiques. Dans ce contexte, il apparaît nécessaire de questionner l’opportunité d’urbaniser de nouveaux espaces alors que des surfaces déjà artificialisées ou sous-utilisées existent.

En matière d’impact environnemental global, il est regrettable qu’aucune évaluation complète du bilan carbone du projet ne soit présentée. Une telle analyse devrait inclure non seulement la phase de construction, mais également l’exploitation du site (approvisionnement, déplacements des clients, gestion des déchets) ainsi que la fin de vie des infrastructures.

Sur le plan socio-économique, les retombées du projet doivent également être examinées avec attention. Si la création d’emplois est avancée comme un argument, il convient d’en préciser la nature (type de contrats, stabilité, conditions de travail). Par ailleurs, l’impact potentiel sur les commerces locaux existants, notamment les établissements indépendants, ne peut être ignoré. Le développement de grandes chaînes internationales, telles que Burger King, peut fragiliser le tissu économique local et entraîner une redistribution défavorable de l’activité économique.

Enfin, ce projet interroge plus largement sur le modèle de société que nous souhaitons promouvoir au niveau communal: souhaitons-nous encourager une alimentation durable, locale et de qualité, ou renforcer un modèle basé sur la restauration rapide, standardisée et fortement génératrice de déchets et de flux motorisés?

Au vu de l’ensemble de ces éléments, je demande: 

– une analyse approfondie des impacts environnementaux, notamment en termes de bilan carbone et de mobilité;

– la prise en compte des enjeux liés à l’artificialisation des sols;

– l’imposition de conditions strictes en matière de gestion des déchets, incluant l’usage de vaisselle réutilisable;

– et une évaluation rigoureuse des impacts socio-économiques locaux.

À défaut de garanties suffisantes sur ces différents aspects, il apparaît que ce projet ne répond pas aux objectifs de développement durable que la commune est en droit de poursuivre et le permis doit par conséquent être refusé.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

Remarques personnelles

 

 

 

 

 

NOM : ……………………………………………………

PRENOM : ………………………………………………

ADRESSE : ……………………………………………………………………………………………

CODE POSTAL : ………… COMMUNE : ……………………………………………..……………

ADRESSE EMAIL : …………………………………………………………………………………..

DATE : Le …  ……… 2026.

SIGNATURE :