Arlon – Une deuxième décision du Conseil d’Etat qui met à mal un gros projet immobilier

Arlon – Une deuxième décision du Conseil d’Etat qui met à mal un gros projet immobilier

En octobre, nous vous informions sur une décision du Conseil d’Etat qui donnait raison à la Ville d’Arlon quant à son Schéma de Développement Communal (SDC) limitant les possibilités d’urbanisation des sols sur le territoire communal.

Ce 14 novembre, le Conseil d’Etat a tranché dans un autre dossier, celui de l’extension du quartier de Schoppach, et il a, à nouveau, rendu une décision en faveur de la commune d’Arlon, invalidant ainsi le permis d’urbanisme accordé pour l’extension du lotissement de Schoppach, développé par Thomas & Piron.

Les raisons d’un refus

Puisque le recours introduit par la ville contre le projet de Thomas et Piron a été accepté par le Conseil d’État, un nouveau regard va pouvoir être porté sur l’extension du quartier de Schoppach. Rappelons que cette extension concerne une deuxième phase comprenant 79 logements, qui devait s’ajouter aux 139 logements déjà construits depuis 2017. À l’époque, le projet avait d’ailleurs suscité des nombreux remous parmi les riverains, qui n’avaient pas hésité à faire entendre leur mécontentement.

Pour la première phase, la Ville avait laissé le soin au fonctionnaire délégué de la Région wallonne de trancher la question mais après réflexion, elle a décidé de reprendre les rênes pour la suite du développement du projet. En octobre 2023, elle avait ainsi refusé le permis d’urbanisme pour cette fameuse deuxième phase. Face à cette décision, le promoteur n’avait pas tardé à réagir en introduisant un recours, à la suite duquel le ministre wallon de l’époque Willy Borsus (MR) avait octroyé le permis. Mais, en mai 2024, alors que les élections se profilaient à l’horizon, la Ville avait décidé de répondre par un recours devant le Conseil d’État.

Dans ce cadre, plusieurs points ont été soulevés : les modifications du terrain, la présence d’un mur de soutènement de 6 mètres de haut, et des dimensions de bâtiments ne correspondant pas au permis d’urbanisme initial. Autant d’arguments qui ont trouvé écho auprès des juges du Conseil d’État, entraînant l’annulation du permis d’urbanisme.

Respecter le cadre du SDC

Cependant, il semble que la saga du développement du quartier de Schoppach ne soit pas terminée. Olivier Waltzing, l’échevin en charge de l’urbanisme, a tenu à préciser que la Ville cherche toujours à maintenir de bonnes relations avec le promoteur. « On a l’opportunité d’ajuster l’ensemble du projet aux nouvelles directives du Schéma de Développement Communal (SDC) », a déclaré Olivier Waltzing. Pour faire simple, la Ville ne souhaite pas voir des immeubles d’appartements élever leurs façades derrière le quartier Halbardier. L’objectif est clair : limiter l’impact visuel et encadrer la densification dans une zone qui doit continuer à accueillir de nombreux logements.

Cette approche proactive de la commune vise non seulement à coller au SDC, mais aussi à prendre en compte les préoccupations des habitants. Après tout, c’est bien eux qui vivent au quotidien ces nouveaux aménagements. La Ville dit donc vouloir s’assurer que les projets respectent l’harmonie du paysage urbain tout en répondant aux besoins croissants en matière de logement.

Les riverains qui avaient contesté le projet de Thomas & Piron, peuvent être satisfaits : leurs voix ont pesé dans ce processus. Le fait que le Conseil d’État ait donné une oreille attentive à leurs préoccupations est un message clair : les mécanismes de contrôle existent et peuvent être efficaces lorsque la mobilisation citoyenne se fait entendre.

Bien que le chemin vers l’extension de Schoppach soit parsemé d’obstacles, il ouvre également la voie à une opportunité précieuse et nécessaire de repenser comment de nouvelles constructions pourraient être intégrées de manière harmonieuse et durable dans l’environnement urbain.

Cet épisode souligne que l’aménagement du territoire n’est pas un acte anodin ; c’est un processus dynamique et vivant qui doit être continuellement réévalué pour garantir que le développement rime avec les enjeux sociaux, environnementaux et le bien-être de tous les habitants.

L’avenir du quartier de Schoppach est à redéfinir, et il pourrait bien s’inscrire dans une dynamique beaucoup plus respectueuse de l’espace et des personnes qui l’occupent. Soyons vigilant.e.s et mobilisé.e.s pour nous assurer que cette vision d’un urbanisme plus réfléchi et responsable devienne une réalité tangente. La qualité de notre cadre de vie en dépend !