Wavre – Quand l’ « intérêt général » sert de prétexte à la bétonisation

Wavre – Quand l’ « intérêt général » sert de prétexte à la bétonisation

Dans sa dernière newsletter, l’asbl Wavre, Notre Ville qui mène depuis des années des combats contre divers projets inadaptés dresse un constat alarmant sur l’avenir de la commune: sous le couvert de projets d’utilité publique, c’est l’identité même de Wavre, jusque-là préservée par son caractère rural et semi-rural, qui est sacrifiée sur l’autel de l’artificialisation des sols. L’association citoyenne dénonce une dérive où les règles d’urbanisme semblent s’appliquer à géométrie variable, permettant la destruction de terres agricoles protégées et de zones boisées au profit d’infrastructures lourdes, tandis que la transparence et la participation citoyenne restent les grandes absentes des décisions communales.

Trois géants dangereux…

Au cœur de cette tempête urbaine, deux projets majeurs dans le sud de la ville cristallisent toutes les oppositions.

Le premier, le déménagement de la Clinique Saint-Pierre (CSPO) d’Ottignies vers Wavre, est qualifié de régression sociale et environnementale. L’asbl argue que ce déplacement de quelques kilomètres éloigne la patientèle actuelle, privilégie un accès exclusivement automobile et menace 14 hectares de zones agricoles et boisées alors qu’une rénovation du site existant ou une implantation sur le site du Génistroit à Louvain-la-Neuve seraient plus pertinentes.

Le second projet, tout aussi controversé, concerne l’implantation d’un dépôt de bus du TEC en pleine zone agricole, menaçant à terme 23 hectares de terres nourricières. Ce projet, qui prévoit une capacité extensible de 40 à 120 bus et générera plus de 400 passages de véhicules par jour, fait fi des risques d’inondation et de la saturation des voiries locales.

Le troisième géant est, au nord de Wavre, le projet de Bio-pôle sur 17 hectares – incluant un hôtel et une boîte de nuit – fait l’objet de vives critiques après que la commune ait vendu les terrains par morceaux suite à une victoire juridique des riverains, soulevant la question des garanties offertes aux promoteurs dans des zones contestées.

…et quelques nains pas inoffensifs

La liste des dossiers contestés ne s’arrête pas à ces deux géants. Au centre, le projet « Rive verte » reste enveloppé de secret, la commune opposant un devoir de réserve qui empêche toute information claire envers les citoyens concernés. À Limal, un projet de trois tours de sept étages en zone boisée suscite l’inquiétude, tout comme la résurgence d’un projet piscicole à Bierges ou la construction de maisons sociales en zone inondable à Terlongval, ignorant le rôle crucial de ces terres dans la gestion des eaux de ruissellement.

Face à ce qu’elle décrit comme une stratégie de « saucissonnage » des terrains et un mépris pour l’avis des habitants, Wavre, Notre Ville mène un combat juridique épuisant mais nécessaire. Les recours se multiplient, notamment auprès du Conseil d’État contre le permis de la clinique, mais ces actions ont un coût exorbitant: plus de 10.000€ dépensés en 2025 et déjà 4.000€ engagés depuis le début de l’année 2026. L’association tire la sonnette d’alarme sur le financement de ces luttes, dépendant désormais quasi exclusivement des dons et du sponsoring des citoyens alors que les subsides publics semblent pointer vers des projets jugés destructeurs.

Se mobiliser pour une ville où il fait bon vivre  

En filigrane de ces combats locaux, l’asbl promeut une vision alternative de l’aménagement urbain basée sur la règle du « 3-30-300 »: voir au moins trois arbres depuis son domicile, bénéficier de 30% de couvert végétal dans son quartier et se trouver à moins de 300 mètres d’un espace vert. Cet outil simple, pourtant ignoré par les planificateurs wavriens, est présenté comme la clé pour améliorer la santé publique, le climat local et la convivialité.

Alors que le nouveau Schéma de Développement Communal (SDC) s’apprête à être soumis à enquête publique sans réelle concertation préalable, Wavre, Notre Ville appelle à une mobilisation massive. L’enjeu dépasse la simple opposition à des projets : il s’agit de décider si Wavre restera une ville au caractère rural ou semi-rural où il fait bon vivre, ou si elle deviendra un simple espace urbain étroitement enserré par des zones sur-artificialisées au détriment de son environnement et de ses habitants.

Appel à soutien

Même si vous n’habitez pas Wavre, vous pouvez agir concrètement pour soutenir Wavre, notre ville en faisant un don sur le compte BE34 1431 1904 7090 avec en communication : « WNV 2026 + votre nom/email ».

Si vous souhaitez en savoir plus (et, par exemple, recevoir la newsletter du collectif) :

Site web : https://wavrenotreville.be

Page Facebook : https://www.facebook.com/groups/779886162925016/

Merci d’avance pour votre soutien.